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Marc Mimram présente une étude consacrée aux ponts habités, réalisée en partenariat avec Lafarge. Shanghai, Sao Paulo, Dubaï,… dans cet univers urbain de plus en plus dense, la question des flux et de l’organisation de la mobilité invite l’architecte à repenser la ville et à donner du sens à chaque élément qui vient la façonner. Si l’infrastructure est le plus souvent vécue comme un mal nécessaire, elle conditionne pourtant largement la question urbaine et préfigure l’aménagement de la cité.
© Agence Marc Mimram
Marc Mimram propose donc de reconsidérer le rôle du pont en proposant « d'habiter l'infrastructure »,
de la penser comme un bien collectif, un « lieu commun » de socialisation et de partage, au cœur de
la ville. Devenue territoire, l'infrastructure permettrait ainsi de créer une rencontre entre les acteurs de chacune des rives. Devenu porteur de sens, le pont permettrait une appropriation de la part des communautés vivant de part et d'autre, suggérant une image apaisée de la dimension métropolitaine.
© Agence Marc Mimram
La structure d'accueil New York, Etats-Unis
« Il nous faut regarder le pont comme on regarde la tour, sous la forme d'une structure habitable dont l'horizontalité se substitue à la verticalité », propose Marc Mimram. « Après la ville dressée découverte à Manhattan par Louis-Ferdinand Céline dans Voyage au bout de la nuit, dépeinte comme debout, absolument droite et raide à faire peur', l'idée poursuivie est de recoucher la ville en profitant de l'atout du franchissement ».
Il n'est pas question d'apporter une réponse unique à cette problématique, car le pont est forcément
un projet situé, enraciné dans un paysage et une réalité socio-économique locale. Ainsi à La Courneuve, là où plus qu'ailleurs, la banlieue est isolée du centre et séparée de son parc par un tracé
autoroutier, il s'agit de tisser un nouveau lien urbain par le biais d'un « pont-paysage » inspiré des
deux territoires qu'il relie.
A Shanghaï, un « pont-toit » offre un nouvel espace public dans une ville emmêlée dans ses infrastructures routières ; à New York, le pont devenu structure d'accueil dépasse sa mono fonctionnalité de transit pour s'ouvrir sur d'autres enjeux urbains et dépasser la problématique d'espace et de densité ; tandis qu'à Moscou, le pont habité s'inscrit dans l'urbanité, au-dessus même du fleuve qui a vu naître la ville, tel un nouveau Ponte Vecchio.
La Courneuve, le pont paysage
© Agence Marc Mimram
Le parc de la Courneuve profite à des promeneurs occasionnels hormis ceux de la commune. Une situation paradoxale que seul un franchissement peut résorber. Marc Mimram l'imagine comme deux langues de territoire, l'une urbaine, l'autre paysagère, qui s'enroulent au-dessus des voies, faisant abstraction du trafic et des nuisances.
Shanghai, le pont toit
© Agence Marc Mimram
Envahie par la voirie jusque sur le Bund, le long du Huangpu, la mégapole chinoise est confrontée à d'incontournables problèmes de mobilité qui rendent les infrastructures routières omniprésentes, en hauteur, au cœur de la cité. La dimension des ouvrages invite à considérer le tablier comme un toit et sa sous-face comme un espace public potentiel assurant le franchissement en même temps que d'autres fonctionnalités associées.
New York, la structure d'accueil
© Agence Marc Mimram
La ville verticale se couche ici pour profiler sur le fleuve des mégastructures susceptibles d'offrir une potentialité d'habitation. Le franchissement s'effectue en poutre autour d'un noyau central qui porte et supporte une résille dont les cavités sont habitées, « sorte de structure osseuse extrudée entre les deux rives ».
Moscou, habiter la structure
© Agence Marc Mimram
Le concept de pont habité trouve sa place à Moscou, le pont habité incarnant le franchissement et la ville dans une forme fusionnelle qui renoue avec l'image d'anthologie du ponte Vecchio sur l'Arno, maquant l'âge d'or des ponts habités.
Disponible partout dans le monde, devenu produit de haute technologie permettant aux architectes d'imaginer une infinité de possibles, matériau local et social par excellence, le béton est incontournable de cette réflexion sur la ville et son aménagement. Les travaux de recherche et les avancées technologiques menés par Lafarge sur le béton permettent à l'architecte de s'affranchir des contraintes techniques pour donner libre cours à sa créativité. Les nouveaux bétons sont au cœur du projet de Marc Mimram : ainsi, grâce à des propriétés avancées de résistance couplées à une légèreté et un rendu esthétique exacerbés, les bétons à ultra-hautes performances comme le Ductal® permettent à Marc Mimram de créer d'élégants voiles de béton dans lesquels glisse le paysage.
© Agence Marc Mimram
Marc Mimram est titulaire d'une Maîtrise es sciences mathématiques, d'un DEA de philosophie et est diplômé de l'Ecole des Ponts et Chaussées. Il est architecte et auteur de nombreux ouvrages d'art et de projets d'architecture en France et à l'étranger. Il enseigne à l'université de Marne-la-Vallée ainsi qu'à Princeton, aux Etats-Unis.
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Page mise à jour le 20/10/2009
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