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Dès 1980, Gilles Olive, conseiller en stratégie technique, a participé pour le ministère du Logement à la mise en place des toutes premières réglementations thermiques. Pour ce Centralien, la notion de développement durable dépasse la seule question du Bâtiment. En outre, il propose des procédures de contrôle de travaux a posteriori.
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Gilles Olive : Depuis 2005 la qualité environnementale du Bâtiment est à peu près sur les rails. Mais il y a dans les travaux du Grenelle des confusions de thèmes. Pour moi le principe de développement durable, qui est en vogue maintenant, doit dépasser la seule question du Bâtiment en intégrant la notion du territoire. Mais en plus, ce principe doit tenir compte des composantes économiques, sociétales et environnementales.
GO : Le développement durable ne peut pas se réduire à la seule question de l'isolation des bâtiments. Il faut changer d'échelle et aborder plus globalement le territoire. C'est-à-dire se poser les questions de l'accès aux équipements, comme les écoles où les hôpitaux, qui intègrent les notions de services rendus à la société, ainsi que les aspects de logistique qui permettent d'accéder à ces services. Ce sont tous ces éléments qu'il faut intégrer avec leurs implications économiques dans la notion de développement durable et qui sont absents du Grenelle. Il faut non seulement envisager l'économie de l'aménagement et du renouvellement urbain, mais aussi l'économie des activités se déployant sur le territoire. Or la dimension sociétale est systématiquement évacuée de la réflexion sur les territoires durables au profit de la seule question environnementale. C'est une raison importante pour laquelle j'ai quitté l'association HQE pour créer le club D2C et aborder la question des territoires durables.
GO : Il y a eu toute une génération de certifications qui a eu le bon goût d'empêcher toute réflexion et toute localisation sérieuses de démarches innovantes concernant la qualité environnementale des bâtiments. L'idée de certificat n'est que celle d'un coup de tampon. Je ne connais aucune région ou département ayant mis en place des actions de détection qui permettraient de se dire : « Ici il y a 5 ou 6 opérations intéressantes pour telle ou telle raison ». Nous pourrions sortir de notre jacobinisme et nous inspirer de la dimension territoriale de repérage et d'évaluation qui existe dans d'autres pays européens.
GO : Pour l'instant cette exigence n'est pas accompagnée des moyens qu'il faut mobiliser pour l'obtenir. Je suis déçu car on a essentiellement travaillé sur les questions de chauffage. On ne veut pas voir qu'il y a d'autres services qui consomment également de l'énergie, comme la production de l'eau chaude sanitaire. Les techniques pour la réduction des consommations d'énergie à ce sujet n'ont pas été suffisamment travaillées. Il va y avoir un blocage pratique et les entités qui officiellement ont la charge de la recherche scientifique et technique du Bâtiment devraient se mobiliser sur ce genre de problèmes techniques.
GO : Sous réserve d'une étude plus détaillée, la rapidité d'affichage du Grenelle nécessitée par le contexte international a plutôt poussé à mettre en avant des objectifs peu réalistes si les mesures à prendre ne sont pas très sérieusement réfléchies. Pour 2012, les jeux techniques et financiers sont déjà quasiment joués. Cela ne veut pas dire que l'on ne peut rien faire mais cela veut dire qu'on ne peut pas se contenter d'effets d'annonces. Nous sommes face à deux dynamiques opposées. D'une part, la globalité des acteurs du Bâtiment est assujettie à une inertie. Et d'autre part, la grande maîtrise d'ouvrage est adossée à des acteurs financiers internationaux vis à vis desquels la spécificité des objectifs français ne doit pas apparaître comme une singularité.
Par ailleurs, et plus important encore, dans tous les pays européens, on essaie de construire au mieux, depuis le début jusqu'à la fin. Les outils de contrôle réglementaires sont appliqués à la réception des travaux. En France, c'est à l'étape du permis de construire que l'on dit que l'on va respecter les réglementations. Une fois les autorisations de travaux délivrées, il peut se passer presque n'importe quoi. Or, il faut contrôler aussi à l'issue des travaux et non pas seulement avant ceux-ci.
Les points de vue exprimés ici n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement les opinions des industriels animant Creargos.
Page mise à jour le 20/10/2009
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