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La thermographie infrarouge est un précieux allié de la maintenance préventive : elle permet notamment de repérer les défauts de construction, sources de déperdition de chaleur. Le point sur ces caméras techniques.
© GDF Suez
C'est en 1958 qu'est apparue la première caméra infrarouge. Suédoise, elle était destinée à des applications militaires. Moins de dix ans plus tard, la thermographie infrarouge faisait son entrée dans les entreprises civiles.
Très utilisée dans les pays industriels, notamment en Allemagne, la thermographie infrarouge ne connaît un véritable essor en France que depuis quelques années. Idéale dans le contrôle des armoires électriques (toute surchauffe pouvant être le signe d'un dysfonctionnement), cette technique s'avère également très pratique pour la rénovation des bâtiments.
© Communauté urbaine de Dunkerque, Ademe et GDF SUEZ
Image infrarouge aérienne prise au-dessus de l'agglomération de Dunkerque pour mesurer le niveau de déperdition de chaleur de chaque bâtiment de la zone
Les caméras infrarouges permettent de déceler et de révéler toute présence thermique. La chaleur, émettrice d'un rayonnement infrarouge, est captée par ces appareils grâce à des détecteurs en germanium, métal rare et sensible aux rayons infrarouges. Les données sont alors traduites en image sur l'écran. En fonction de son degré, chaque température apparaît selon une coloration qui lui est propre.
Traitées par un logiciel spécifique, les images peuvent ensuite être analysées en fonction de critères préprogrammés (bruit de fond thermique, seuil d'alerte...).
« Fixes ou portables, les matériels atteignent une très haute définition, de l'ordre de 0,05°C », précise Yann Tennier, responsable marketing et communication de Flir Systems France, premier constructeur mondial de caméras infrarouges(1).
Les images sont enregistrées sur une carte mémoire amovible puis traitées, analysées et stockées informatiquement, grâce à un logiciel spécifique, généralement conçu par les constructeurs et fourni avec la caméra.
Pour les professionnels du BTP, la thermographie visuelle est une technique non destructive permettant d'apprécier l'état thermique d'un bâtiment.
Cette évaluation peut avoir pour objet d'optimiser l'isolation pour, dans un second temps, rationaliser une installation de climatisation et/ou de chauffage. Avec l'infrarouge en effet, toute fuite d'air provenant de l'intérieur d'un bâtiment peut être détectée, révélant sa médiocre étanchéité.
Ainsi, les ponts thermiques, sources de gaspillage d'énergie, sont mis en évidence. Chaque défaut d'isolation, qu'il soit situé au niveau des murs, des sols ou du toit, est impitoyablement démasqué. L'image infrarouge révèle également certaines structures cachées du bâti (rails de plaque de plâtre par exemple) qui peuvent engendrer des pertes de chaleur.
Avec une caméra infrarouge, le point de rosée (limite de condensation) peut également être identifié sur un mur, avant que n'apparaissent les premières dégradations consécutives de l'humidité et de la moisissure.
Les infiltrations d'eau imprégnant les matériaux apparaissent aussi à la vision thermique. Sur un toit en terrasse, par exemple, l'eau retenant la chaleur plus longtemps que les éléments du bâti, elle reste parfaitement visible par infrarouge de nuit ou en fin de journée, lorsque le toit privé de soleil s'est refroidi.
D'une manière générale, la thermographie visuelle permet d'entreprendre des réparations parfaitement ciblées. Ainsi, par exemple sur un toit en terrasse, la réparation des zones humides permettra d'anticiper la dégradation de l'ouvrage et d'éviter une réfection totale.
Grâce à leur simplicité d'utilisation, à leur coût en baisse et avec l'apparition de formules de location longue durée, ces appareils intéressent de plus en plus les bureaux d'étude, les organismes de contrôle technique et les professionnels de la maintenance préventive.
© Fluke
(1) La maîtrise de la caméra et l'interprétation fine de ses images exigent un accompagnement préalable à la prise en main. Il est conseillé de faire appel au constructeur lui-même qui doit proposer des formations dans le cadre de son offre de services associée à ses matériels.
Source : Vecteur Gaz N° 63, la revue d'information de GDF SUEZ pour les bureaux d'étude et les sociétés d'ingénierie.
Voir la fiche fabricant de Cegibat, une marque de GDF SUEZ
Page mise à jour le 20/10/2009
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