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La gare d’Achères Ville montre la voie de la réhabilitation durable

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CGare d'Achèresommencé à la mi-octobre 2008, le chantier de rénovation lancé par la SNCF dans les Yvelines, à la gare d’Achères Ville, sur les lignes A du RER et Paris Saint-Lazare-Cergy-le-Haut, s’achèvera fin octobre et sera inauguré début 2010. Il s’agit d’une opération pilote de « Haute Qualité Environnementale » (HQE) destinée à expérimenter des innovations technologiques notamment en ce qui concerne les énergies renouvelables.


 

 

Financée à 57% par la région Ile de France via le STIF (Syndicat des Transports d'Ile de France), à 40% par la SNCF et à 3% par le RFF (Réseau Ferré de France), la gare sera inaugurée courant septembre 2009. Le point sur la première gare HQE® de France.

Un projet pilote

« C'est la première fois que nous avons autant d'exigence environnementale sur un projet de rénovation de gare », explique Claudia Nordmann, architecte à la direction de l'architecture et de l'aménagement de la SNCF et chef du projet de la gare d'Achères HQE®. « C'est pour nous un projet pilote, qui va aider à faire avancer les pratiques architecturales sur le sujet dans toute la France. C'est vraiment une démarche pionnière. »

Pionnier, le projet l'est bel et bien puisque la vague de constructions et de rénovations HQE® avait, jusqu'à présent, touché en grande majorité des bâtiments tertiaires. En choisissant de se lancer dans ce type de rénovation, la SNCF souhaitait rendre plus visible encore sa composante environnementale, le train étant déjà par lui-même un transport respectueux de l'environnement. Il s'agissait donc pour la SNCF, à travers ce projet, de concrétiser ses ambitions en matière d'écologie mais aussi d'accessibilité. Avec cet objectif, celle-ci n'a pas de mal à convaincre la région malgré le léger surcoût par rapport à un chantier classique.

Une gare « seventies » vétuste et inadaptée

En 2005, une étude environnementale révèle, comme l'on pouvait s'y attendre au vu des normes de constructions de l'époque (la gare date de 1976), que l'énergie consommée par le fonctionnement de la gare est beaucoup trop importante. La chaudière fioul est en bout de course et l'isolation est peu performante. Par ailleurs, la gare n'est pas adaptée aux voyageurs à mobilité réduite - il manque en particulier un ascenseur. De plus, le manque de confort, tant pour les clients que pour le personnel, est flagrant. Le passage souterrain est mal éclairé, les locaux de service sont exigus, et la salle d'attente, peu chauffée en hiver, est étouffante durant les mois d'été. Enfin, le revêtement du parvis, abîmé et vieilli, est quant à lui à refaire.

Un choix cohérent

Gare d'AchèresDans le cadre du programme bi-annuel de rénovation des gares, 400 gares sont en attente de réhabilitation en Ile-de-France. Pour quelles raisons le choix s'est-il donc porté sur la gare d'Achères, l'une des deux gares d'une ville de 20 000 habitants, située en zone 5 sur les lignes de RER A (branche A3 Cergy-le-Haut) et de Paris Saint-Lazare-Cergy-le-haut ? Tout d'abord, des modifications importantes s'imposaient au plus vite, d'autant plus urgentes que la fréquentation de la gare ne cessait de croître.

Une gare entre ville et forêt

Aujourd'hui, ce sont 12 trains à l'heure qui transitent aux heures de pointe, et plus de 6000 personnes par jour. Mais c'est aussi la conjonction entre cette urgence, et un contexte favorable à des choix audacieux, qui a permis à cette commune d'emporter le morceau : Achères, ville petite mais dynamique, a depuis longtemps l'image d'une commune « verte » grâce à la proximité de la forêt de Saint-Germain, d'une station d'épuration, et grâce surtout à sa politique active en matière d'environnement (dernièrement, construction d'un ensemble « habitat social écologique »).

Enfin, dernier détail : son bâti original, avec son toit en forme de tremplin de ski, constituait un terrain propice à l'invention et à l'esthétique, autant qu'à une bonne communication, en permettant par exemple que soit rendu visible un revêtement photovoltaïque... Car il s'agissait bien pour la SNCF de faire aussi de cette rénovation une opération de visibilité !

La pièce maîtresse d'un ensemble en devenir

Emplacement de la future Zac de la petite ArcheEnfin, le projet de ZAC verte de « La Petite Arche », à la lisière de la forêt, derrière la gare, a orienté de façon décisive la réhabilitation de la gare dans une direction environnementale. En effet, la gare d'Achères Ville, située en bordure de forêt, jouxte une zone en cours d'urbanisation dont les constructions devraient intégrer des critères environnementaux, voire HQE®. 30 000 m2 de bureaux, de logements, et un collège, devraient commencer à émerger courant 2010. Notons que devant le parvis de la gare, côté ville, un ensemble de logements sociaux à dimension environnementale a déjà vu le jour. Cette gare se retrouverait alors au cœur de ces nouveaux quartiers

Une métamorphose HQE®

Toit végétalisé et panneaux solairesL'isolation, l'économie d'eau et les énergies renouvelables sont les points forts de cette rénovation.


Les fenêtres seront désormais à double vitrage, la façade nord du hall sera mieux isolée et la façade sud agrandie et équipée de stores. Un mur en brique de terre cuite alvéolaire « monomur » remplacera la façade ouest vitrée du hall pour éviter la surchauffe en été ou la déperdition de chaleur en hiver. Une toiture végétalisée au-dessus des locaux techniques renforcera l'isolation thermique.

Toit végétalisé et panneaux solaires

Afin de réduire l'éclairage électrique, un conduit de lumière naturelle guidera la lumière, grâce à un jeu de miroirs, jusqu'au couloir d'accès des voies (technologie solatube). Des détecteurs de mouvements et des sondes photos sensibles contrôleront automatiquement l'éclairage des bureaux et des espaces publics. La consommation d'eau courante sera réduite grâce à une citerne de stockage des eaux de pluie installée sur l'emplacement de l'ancienne cuve à fioul. Cette eau sera utilisée pour le nettoyage, l'arrosage et l'alimentation des chasses d'eau. La logique est poussée jusqu'au bout avec la mise en service, pour les employés de la gare, d'urinoirs sans eau !

Le spot de lumière naturelleLa chaudière à fioul d'origine sera remplacée par une pompe à chaleur air-eau réversible pour le chauffage et le refroidissement. Des panneaux solaires pour l'eau chaude et une membrane photovoltaique de 175m2 qui produira de l'électricité (25 % de l'énergie consommée par le bâtiment) seront posés sur les toits. Ces deux éléments feront de la gare d'Achères-ville la première gare solaire de France. Enfin, la biodiversité n'est pas oubliée grâce au toit végétalisé et à des arbustes qui viendront trouver leur place dans le jardin préexistant.

Selon Patrick Targa, maitre d'ouvrage délégué sur cette opération, les 14 cibles HQE® sont validées et le bilan est positif, que ce soit au niveau du programme, de la conception ou de la réalisation. Techniquement, l'expérience pourrait être étendue à d'autres gares.

Un espace accueillant et fonctionnel

Des escaliers élargisBien qu'il s'agisse avant tout d'un projet HQE®, les objectifs ne se limitent pas à la dimension environnementale. L'accessibilité aux passagers à mobilité réduite, ou encombrés de bagages ou de poussettes, ainsi que l'amélioration du confort, de l'esthétique et du service sont des objectifs tout aussi importants pour la SNCF.

l'espace client vu du quaiDu point de vue de l'accessibilité, un sas pour les fauteuils roulants et les poussettes a été mis en place, ainsi que des doubles rampes et des bandes de repérages pour non-voyants dans les escaliers. Un ascenseur neuf a été installé, et l'ancien a été réparé. Tous deux sont larges et transparents. Les espaces d'accueil et de vente ont été réaménagés pour être plus visibles et plus fonctionnels. Les sols et les murs aux teintes claires mettent en valeur les « boiseries » du plafond courbe des années 70. Le revêtement du parvis a été refait.

 

Des prévisions convaincantes

Le revêtement photovoltaïque et le nouvel ascenseurLes conséquences en matière de consommation d'énergie seront importantes :

* 59% d'eau de ville consommée en moins par rapport à l'ancienne gare,
* 25% de l'énergie consommée par la gare sera produite par la membrane photovoltaïque puis revendue à EDF,
* 84% d'émissions de gaz à effet de serre en moins,
* 64% d'énergie consommée en moins par rapport à l'ancienne gare.

Un exemple à suivre

« La SNCF réfléchit déjà à tirer profit de l'expérience acquise à Achères pour la rénovation des gares Transilien à venir. Achères est au même niveau d'exigence environnemental que les futures gares TGV de Besançon et de Belfort. Il s'agit vraiment d'une nouvelle génération de gares. » Ces propos de Claudia Nordmann mettent en évidence la dimension exemplaire et emblématique de l'opération pour la SNCF.

Cette belle rénovation, en cours de certification (un organisme agréé, le CERTIVEA, entérine le respect de 14 objectifs environnementaux spécifiques), redonne ses lettres de noblesse à une gare de banlieue peu connue du grand public. Elle réaffirme la modernité, la capacité d'adaptation et le rôle prédominant du train dans la préservation de l'environnement. A l'heure du « tout camion », et du « tout voiture » en banlieue, elle relance le débat en matière de transports individuels et marchands.

En s'offrant chaque jour aux regards de ses 12000 usagers, parions que cette gare sera à la fois source de fierté et d'inspiration pour de nouvelles initiatives qui viendront s'inscrire dans cette dynamique « verte-ueuse » !

Aller plus loin

Voir  le Plan Rapproché : " Une gare résolument écologique "

Voir l'Histoire de Chantier : "Découvrir la gare d'Achères : un projet expérimental"



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