La rénovation de la splendide bibliothèque Art Déco de la ville de Reims avait pour objectif l’obtention de conditions hygrothermiques stables afin d’assurer la préservation des collections. Les systèmes d’absorption et de condensation au gaz ont été retenus pour relever le défi.

Côté énergie, l'antique chauffage au fioul a été remplacé par une chaufferie gaz naturel à condensation. Une machine à absorption à flamme directe a été installée pour la production d'eau glacée.
Selon, Alain Garnier, responsable des études en génie climatique pour le compte de la maîtrise d'œuvre, une étude technico-économique conclut que « par rapport à la solution à compression utilisant l'énergie électrique, l'absorption, qui fonctionne au gaz ne revient pas plus cher en coût global, même si l'investissement est plus élevé au départ ».
De plus, cette solution ne demande pas l'installation d'un local spécifique ni de transformateur et fonctionne avec un tarif jaune1. « Enfin, et la raison n'est pas des moindre, la machine à absorption pouvait prendre place dans la chaufferie et donc rester totalement discrète alors que la solution électrique aurait demandé d'installer des édicules techniques² sur la toiture-terrasse, visible depuis la cathédrale », ajoute Alain Garnier.
Pour le maître d'ouvrage, la réussite de cette installation est totalement due à la symbiose de l'équipe de maîtrise d'œuvre et de maîtrise d'ouvrage. Chacun a accepté de modifier ses habitudes et a été réceptif aux nouvelles technologies, maître d'ouvrage, architecte, installateur et exploitant.
Grâce à ce travail, les Rémois profitent à nouveaux de leur bibliothèque depuis 2005.
1 Distribution d'électricité de 36 à 250 kW
² Locaux techniques installés sur la terrasse
Conçue en 1928 par l'architecte rémois Max Sainsaulieu, la bibliothèque nouvellement réhabilitée est aujourd'hui réservée aux études et à la recherche. Elle recèle, outre un important fonds de documents antérieurs au XXe siècle, la totalité des romans policiers issus du Dépôt légal, de 1983 à 2005. Adjacente, une médiathèque est ouverte au grand public.
Au-dedans comme au-dehors, l'Art déco
Quatorze mois de travaux ont permis de réhabiliter ce bâtiment des années 1920, et notamment de restaurer les éléments décoratifs intérieurs.
Au dessus des marches de l'entrée, deux pilastres sont surmontés d'arbustes gravés sur le fronton représentant la floraison du savoir. La façade, ornée de mosaïques, est percée d'une grande porte en fer forgé.
Le hall d'entrée, carré en marbre et peinture dorée mélangée à de la nacre, est coiffé d'une voûte monumentale et d'un lustre en pendentif restauré, œuvre du maître-verrier rémois Jacques Simon. Au centre, une fontaine symbolise la « source de toutes les sciences et connaissances ». Les murs sont lambrissés de grands panneaux en onyx d'Algérie encadrés de bandes de marbre vert. Vingt mosaïques de marbre, exécutées d'après les cartons d'Henri Sauvage (1873-1932), illustrent les activités intellectuelles et physiques de l'homme.
Élément central du hall, l'ancien guichet en marbre, non conforme aux normes d'accessibilité, a été remplacé par une grande banque cintrée en chêne. Derrière l'accueil, cinq niveaux de magasins regroupent les collections. Leur forme semi-circulaire impose une disposition des rayonnages en étoile.
Pièce principale de la bibliothèque, la salle de lecture est constituée de rayonnages en bois surmontés d'une galerie. Son éclairage naturel provient d'une grande verrière au plafond, réalisée par Jacques Gruber (1870-1933), maître-verrier nancéen. Trois grandes baies de verre dépoli, aux dessins géométriques, ornent aussi la pièce ; elles sont l'œuvre de Jacques Simon.
Pour un plus grand confort de lecture, l'ensemble du mobilier a été rénové. Les tables en acajou ont été agrandies et ont permis d'augmenter l'espace de travail. Enfin, des lampes en harmonie avec le style d'époque ont été ajoutées.
Concevoir un système climatique spécifique
En plus des remises aux normes d'accessibilité et de sécurité, l'enjeu principal de la rénovation consistait à concevoir un système climatique spécifique qui réponde à la volonté de moderniser la production de chaleur et surtout, qui soit adapté à la conservation des 400 000 documents que renferme la bibliothèque et dont certains sont très précieux.
Le cahier des charges imposé par le ministère de la Culture demandait en effet que la température des locaux soit de 20° C en été et de 16 ° C en hiver, à 2° C près. L'humidité doit quant à elle se stabiliser autour de 50 %, à 5 % près, ce qui constitue un travail délicat.
Enfin, pour préserver la volumétrie de ce bâtiment inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques et situé à deux pas de la cathédrale gothique du XIIIe siècle, le maître d'ouvrage a accepté l'installation d'une chaufferie gaz naturel à condensation, fournie par GDF SUEZ, qui s'est très discrètement intégrée dans le bâtiment.
Le choix de la climatisation au gaz
Indispensable à la réussite du défi climatique, le bâti a été particulièrement soigné en termes d'étanchéité à l'air et à la vapeur d'eau extérieurs. Les fenêtres du magasin ont été conservées pour des raisons architecturales et ont été dotées de doubles vitrages et occultées par des stores intérieurs fermés en permanence. Des sas ont aussi été créés à l'entrée des locaux pour limiter les échanges thermiques.
Côté énergie, l'antique chauffage au fioul a été remplacé par une chaufferie gaz naturel à condensation. Une machine à absorption à flamme directe a été installée pour la production d'eau glacée.
Selon, Alain Garnier, responsable des études en génie climatique pour le compte de la maîtrise d'œuvre, une étude technico-économique conclut que « par rapport à la solution à compression utilisant l'énergie électrique, l'absorption, qui fonctionne au gaz ne revient pas plus cher en coût global, même si l'investissement est plus élevé au départ ».
De plus, cette solution ne demande pas l'installation d'un local spécifique ni de transformateur et fonctionne avec un tarif jaune1. « Enfin, et la raison n'est pas des moindre, la machine à absorption pouvait prendre place dans la chaufferie et donc rester totalement discrète alors que la solution électrique aurait demandé d'installer des édicules techniques² sur la toiture-terrasse, visible depuis la cathédrale », ajoute Alain Garnier.
Pour le maître d'ouvrage, la réussite de cette installation est totalement due à la symbiose de l'équipe de maîtrise d'œuvre et de maîtrise d'ouvrage. Chacun a accepté de modifier ses habitudes et a été réceptif aux nouvelles technologies, maître d'ouvrage, architecte, installateur et exploitant.
Grâce à ce travail, les Rémois profitent à nouveaux de leur bibliothèque depuis 2005.
1 Distribution d'électricité de 36 à 250 kW
² Locaux techniques installés sur la terrasse
Agnès de Rivière
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Fiche signalétique
Informations générales
- Maître d'ouvrage : Ville de Reims, Direction des travaux neufs, Service grands projets, Service génie climatique et économies d'énergie.
- Maître d'œuvre / architecte : Mandataire : Agence remoise Jacques Bléhaut & Associés - Associé : Agence parisienne Jean-Loup Roubert architecture.
- Surface : 4140 m2 shon
- Durée des travaux : 2003 - 2004
- Coût des travaux : 5,43 millions d'euros TTC
Produits remarquables :
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