Placé sous le soleil méditerranéen, le lycée Jean Jaurès de Saint Clément de Rivière (34) est une construction environnementale adaptée au climat local conçue par l’agence d’architecture Pierre Tourre. Parmi les cibles HQE® choisies, l’attention s’est particulièrement portée sur l’éclairage et la ventilation naturelle.

Construit au pied du pic Saint-Loup, au nord de Montpellier (34), le lycée Jean-Jaurès constitue une référence en matière de Haute Qualité Environnementale. Ses choix de conception, privilégiant les solutions passives, améliorent le cadre de vie de ses 1 400 élèves.
Intégrer le bâtiment dans son environnement

Tirant parti de l'inclinaison du terrain, les volumes du bâtiment s'étagent dans la pente. Les terrasses, appuyées sur des murets de pierre, reproduisent les bancels (terrasses en culture) des proches Cévennes.
L'étalement des quatre bâtiments, décalés les uns par rapport aux autres, multiplie les vues sur le paysage. Trois matériaux sont déclinés : la pierre, le béton et le bois. Ils répondent aux critères d'entretien et de durabilité d'une architecture qui s'intègre parfaitement au territoire. Pierre Tourre, architecte mandataire, a choisi des couleurs harmonieuses : le béton gris souligne le tronc des châtaigniers tandis que le béton blanc contraste avec l'enduit ocre-rouge qui délimite les salles de classe.
L'architecte profite de la déclivité du terrain pour créer de vastes terrasses et relier les bâtiments d'enseignement par des passerelles

Favoriser le confort d'été...

Les courbes de température relevées sur une année démontrent que le système de ventilation naturelle mis en place permet l'écrêtement des surchauffes
Compte tenu des conditions climatiques de la région de Montpellier (34), la stratégie environnementale adoptée pour construire ce bâtiment donne la priorité au confort d'été.
Les murs en béton régulent naturellement la température de l'établissement. Grâce à son inertie thermique, le béton capte la fraîcheur de l'air qui circule dans les plenums durant la nuit. Pendant la nuit, le bâtiment est vidé de sa charge thermique, grâce à la ventilation naturelle, évitant ainsi les pics de température et l'utilisation d'un système de climatisation.
Lors d'une journée d'été, la température intérieure est ainsi inférieure de 5 °C par rapport à l'extérieur.
...tout en préservant au maximum l'éclairage naturel
Le concours exigeait un facteur de lumière du jour de 1,8 % (rapport entre l'éclairement naturel dans la partie la plus sombre de la classe et l'éclairement naturel à l'extérieur). Ainsi, pour conserver un maximum d'éclairage naturel sans favoriser la surchauffe en été, les bâtiments ont été orientés Nord-Sud.

Au nord, la lumière pénètre largement dans les classes par de larges vitrages. Au sud, la mise en place d'« étagères à lumière » évite l'ensoleillement direct : des lames en acier blanc, placées à mi-hauteur des façades, protègent la partie basse des vitrages tout en renvoyant le rayonnement solaire vers les plafonds, également blancs, des salles de classe. Agissant comme des réflecteurs, ces derniers diffusent à leur tour la lumière dans les locaux de façon uniforme.
Enfin, des lanternaux vitrés surmontant les couloirs apportent un double jour aux salles de classe.
« La démarche de haute qualité environnementale procure un réel confort en période de fortes chaleurs, très fréquentes dans notre région, témoigne Daniel Simon, proviseur du lycée. Grâce à la bonne régulation de la température et de la lumière dans les classes, les élèves et les enseignants peuvent se concentrer dans les meilleures conditions ».
Limiter la consommation d'énergie
L'orientation du bâtiment, l'installation d'un système de ventilation naturelle (voir les détails dans la rubrique « Plan rapproché ») et des étagères à lumière permettent de faire l'économie de la climatisation.
L'hiver, pour diminuer les consommations de chauffage, l'air froid extérieur est tempéré par son passage dans les plenums de plancher. Des radiateurs reliés à une chaufferie gaz complètent ce dispositif passif. En outre, l'isolation intérieure en laine de roche est couplée à des menuiseries aluminium avec rupture de ponts thermiques et à des doubles vitrages peu émissifs.

Par ailleurs, surplombant l'entrée de l'établissement, un auvent revêtu de panneaux photovoltaïques transforme l'ensoleillement en énergie tout au long de l'année.
Au final, la puissance électrique installée assurant l'éclairage artificiel (luminaires avec sources à faible consommation d'énergie) et les équipements annexes (informatique, ascenseurs, ECS, cuisine, ventilation...) est cinq fois inférieure aux installations traditionnelles. Une réussite qui concilie les intérêts architecturaux et environnementaux !
Agnès de Rivière
Crédit photos : © Agence d'architecture : Pierre Tourre / Architecte : Serge Sanchis
Fiche technique
Maître d'ouvrage : Conseil régional du Languedoc-Roussillon Maîtrise d'œuvre : Pierre Tourre, architecte DPLG, Serge Sanchis, chef de projet. Consultant HQE® : Tribu BET Thermique : Daniel Maliver Surface Bâtiment : 11 500 m² SHON Surface extérieure des aménagements : 26 000 m² Livraison : 2005 Coût : 20 M€, soit 1335 €/m² SHON |
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Lieu : Saint Clément de Rivière (345)
