D’ici quelques semaines, le nouveau Musée de La vache qui rit®, construit par le groupe Bel, ouvrira ses portes aux visiteurs à Lons-le-Saunier (39), dans le Jura. Avant que les équipes s’attellent au second œuvre, les architectes Reichen et Robert & associés et Just nous ont fait les honneurs du bâtiment.

Quel fromage est triangulaire, s'ouvre avec une languette rouge et a bercé la jeunesse gourmande de nombreux enfants ? La Vache qui rit® bien sûr ! Ce légendaire fromage, dont la joyeuse mascotte émoustille le palais de 10 millions de personnes chaque jour dans le monde, va bientôt avoir son Musée ! Le groupe Bel a en effet décidé de faire honneur à ce quadrupède international de 87 ans en lui dédiant un bâtiment sur son lieu natal, Lons-le-Saunier (39).

Lieu stratégique, puisque ce village abrite la première usine de fabrication du fameux fromage. Le bâtiment est d'ailleurs fondé sur les anciennes caves d'affinage de Bel (partie existante) et se développe sur un nouveau volume supplémentaire (partie neuve). Objectif : offrir un lieu culturel, de vie et d'étonnement aux Lédoniens...
Un bâtiment chaleureux, à l'image de La vache qui rit®
À 500 m du centre ville, jouxtant les maisons habitées par les Lédoniens, le bâtiment se profile, serein. Simple et chaleureux avec sa géométrie boisée, il nous accueille, prêt à raconter son histoire.
Au sol, quelques fils et cartons témoignent de l'évolution du chantier. Tout est encore nu ici, puisque le second œuvre va s'enclencher d'ici peu de temps. De quoi nous laisser tout loisir de scruter la structure de cet ouvrage qui parle de passé, de présent et d'avenir tout en composant avec le bois, le béton, le verre et l'aluminium...
Intégration à l'environnement
Les architectes de Reichen et Robert & Associés ont su traduire le rêve de Bel en un concept ambitieux. Ils ont fait de la Maison de La vache qui rit® un bâtiment emblématique, innovant et respectueux de son environnement.
Le dialogue entre la nature et le bâtiment a constitué un axe de travail majeur. Tournée vers le jardin plutôt que sur la rue, la Maison de La vache qui rit® offre une vue privilégiée vers le parc du Puits Salé. Une grande importance est également conférée au jardin extérieur. Ce dernier, qui sera bientôt disposé en bandes vertes, ponctuées de carrés fleuris, descend en pente douce vers le bâtiment qu'il semble pénétrer. Entièrement vitré, le rez-de-chaussée porte la verdure vers l'intérieur du bâtiment, jusqu'au mur du fond, bientôt végétalisé.

Economies d'énergie
Aidées par un ingénieur spécialisé dans le développement durable, les équipes ont développé des solutions de haute performance environnementale : isolation thermique par l'extérieur sur le bâtiment existant, sources d'énergie renouvelables, gestion centralisée des flux, choix de l'essence et de l'origine du bois (forêt autogérée)...
L'été, des stores protègent les ouvertures de la surchauffe. Par ailleurs, 170 m² de toiture sont recouverts de panneaux photovoltaïques qui devraient assurer une production moyenne de 7 000 kWh/an. Enfin, l'utilisation d'éclairages basse consommation est systématisée.
La boîte en bois : une structure originale
Le nouveau bâtiment semble émerger de l'ancien. Soulevé du sol par le rez-de-chaussée vitré, il se développe en un volume agréable, rythmé par ses cadres en bois.
L'originalité réside dans le système constructif. Les cadres de bois en lamellé-collé sont disposés selon des intervalles de 60 cm sur 13 m de portée et sans poteau intermédiaire. « Cette structure a été conçue de telle sorte que les poutres qui soutiennent la structure sont invisibles, détaille Oona Savransky, une des architectes du projet. Les cadres sont suspendus sous l'ossature métallique reposant sur des poteaux en béton ».
La verrière a par ailleurs été renforcée pour supporter les charges (surtout la neige). Constituée d'une charpente métallique en acier thermolaqué, elle s'aligne en continu des axes de la charpente.

Protéger la source salée
La légèreté du concept architectural effleurant le sol répond aux contraintes du terrain. La proximité d'une source d'eau salée protégée, imposait une grande rigueur. « Nous avons dû veiller à ce que nos fondations, que nous ne pouvions pas minimiser vu que le sol est très meuble, ne perturbent pas les nappes d'eau, explique Clémence de Selva, une des architectes. Nous avons donc préconisé l'installation d'une vingtaine de pieux en béton de 20 m de profondeur ».
Ces derniers ont d'ailleurs été mis à profit pour réaliser un système de géothermie. Des capteurs ont ainsi été intégrés à l'armature des fondations pour alimenter en calories les pompes-à-chaleur du bâtiment (voir aussi la rubrique Plan rapproché).
Voilà donc un projet qui ne porte pas atteinte aux verts pâturages, mais redonne toute sa place à une vache Franche sur laquelle on peut... Comté !
Agnès de Rivière
Crédit photos : © Reichen et Robert & associés - Aslum - Euréka
Découvrez les détails sur l'organisation des fluides dans notre rubrique Plan rapproché
Zoom sur l'interview de l'architecte, dans notre rubrique Histoire de chantier
Fiche techniqueLieu : Lons-le-Saunier (39) |
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