Siège de la société Elithis spécialisée dans l’ingénierie climatique et électrique, cette tour expérimentale à très haute performance énergétique, inaugurée le 2 avril 2009 à Dijon, produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. « Six fois moins de rejet de CO2 dans l'atmosphère » dit la banderole, déployée au pied de la tour.
Le projet d'une construction vertueuse et exemplaire, respectueuse de l'environnement et des générations présentes et futures est né de la volonté de Thierry Bièvre, directeur général de la société Elithis ingénierie, spécialisée dans les fluides techniques du bâtiment et de la très haute efficience énergétique.
Alertés depuis longtemps par la dégradation de notre environnement, les "pionniers" d'Elithis ingénierie sont passés à l'action : la Tour Elithis concrétise l'alliance d'une forte implication éco-citoyenne, d'une audace technologique et entrepreneuriale, d'un savoir-faire technique et scientifique. Quant à l'écriture architecturale du bâtiment, Thierry Bièvre en a confié la mission au prestigieux cabinet parisien ARTE CHARPENTIER.
L'édifice de 9 étages, dessiné par l'architecte Jean-Marie Charpentier, est bioclimatique. Il produit plus d'énergie qu'il n'en consomme, résume Thierry Bièvre, directeur général d'Elithis, société spécialisée en ingénierie climatique et électrique qui implante son siège social à Dijon. D'architecture moderne, ce bâtiment ne laisse en apparence rien déceler des particularités de cette construction « à énergie positive » (sans gaspillage et atténuant les rejets de gaz à effet de serre). C'est même sur un véritable prototype de ce qui pourra se construire dans les années futures que les ingénieurs d'Elithis ont planché.
Une démarche éco-citoyenne globale

© photos Arte Charpentier, Elithis Ingénierie
L'efficacité des solutions de maîtrise énergétique repose à la fois sur le progrès technologique (impact environnemental) et sur les hommes (organisation, comportements). Elithis a donc mis en place une charte environnementale qui sera distribuée aux utilisateurs de l'immeuble afin de les impliquer et de les sensibiliser au respect des recommandations environnementales et des objectifs de consommation.
Un bâtiment intelligent, performant et sobre
Ce bâtiment servant de laboratoire sera équipé de plus de 1 600 capteurs et compteurs multiples permettant de mesurer la performance des différents équipements. Ce système de gestion technique du bâtiment assurera le suivi des différents types de consommations d'énergie (chauffage, rafraîchissement, ventilation, éclairage..), et permettra une autorégulation au jour le jour.
Des matériaux astucieux et respectueux de l'environnement
La structure du bâtiment est de type poteaux-poutres mixte béton/acier. La façade, principalement en bois, est dans ses parties pleines réalisée par des panneaux isolants à base de ouate de cellulose, avec un parement réalisé par une tôle d'aluminium à l'extérieur.
Le velum rouge enveloppant la façade la plus exposée est en fait un bouclier thermique amenuisant naturellement le rayonnement solaire à l'intérieur.
Les parties vitrées sont composées d'un double vitrage argon à isolation thermique renforcé avec un faible facteur solaire, les ouvrants sont limités au désenfumage naturel.
Une eau de pluie recyclée
Parce que l'eau est en passe de devenir l'enjeu écologique prioritaire de la planète, un effort particulier a été fait au niveau de la gestion des eaux pluviales. Ainsi, la perméabilisation du bâtiment a été optimisée grâce à la création d'un bassin de rétention situé dans le parking. La récupération des eaux de pluie en toiture alimentera un réseau indépendant pour l'alimentation sous pression atmosphérique des sanitaires des bureaux.
Une consommation d'électricité autosuffisante
La toiture externe est réalisée en panneaux photovoltaïques intégrés, ce qui permettra de couvrir une grande partie des besoins électriques du bâtiment (75 000KWh/an).
Une mini-centrale électrique d'une capacité de 82 000 kWh/an a été logée sous le toit, à l'étage technique. Grâce à 24 onduleurs, le courant alternatif est fourni par des panneaux photovoltaïques couvrant toute la surface de la toiture. Un tiers de la consommation est ainsi produite. Cette électricité peut même être revendue et alimenter le réseau urbain. Une chaudière biomasse, fonctionnant aux granulés de bois, couvre en revanche les besoins en chauffage. Nous dépenserons pour tout l'immeuble 'équivalent de la consommation d'un pavillon de banlieue, assure Thierry Bièvre.
La limitation des consommations d'énergie s'opèrera également au niveau de l'éclairage grâce à un système maîtrisé favorisant l'optimisation de l'apport de lumière naturelle. Ce principe sera renforcé grâce à des circuits d'éclairage contrôlés et différenciés selon la zone de travail et l'utilisation des locaux.
De plus, les locaux seront entièrement équipés de luminaires à économies d'énergie : tubes fluorescents, lampes LFC et lampes LED dont le rendement et la durée de vie sont 10 fois supérieurs aux lampes incandescentes.
La lumière naturelle est privilégiée par rapport à l'éclairage artificiel, qui est réduit au minimum.
Une température idéale toute l'année, à moindre frais
La consommation d'énergie pour le chauffage, la ventilation et le rafraîchissement sera limitée par la qualité thermique du bâtiment tant au niveau de l'isolation que des façades. Grâce à un bouclier thermique transparent, les espaces de travail bénéficieront d'une protection contre les rayonnements solaires, source de surchauffe et d'inconfort visuel.
Jusqu'à la mi-saison, un système de rafraîchissement à régulation mécanique permettra de rafraîchir les locaux gratuitement et de façon naturelle. Le procédé d'aération est aménagé dans les allèges (systèmes d'appui des vitres). Cette innovation brevetée Elithis Ingénierie permettra de lutter contre les hausses de température jusqu'à 27°, sans utiliser le système de refroidissement.
En parallèle, la production de chaleur et de froid reposera sur un système thermodynamique, associé à une source de chaleur fonctionnant avec une énergie renouvelable (chaudière bois à granulés), et à un système de refroidissement adiabatique. Le renouvellement de l'air sera assuré par une centrale de traitement d'air triple flux avec un récupérateur d'énergie de haute efficacité.
Atteindre l'énergie positive grâce aux usagers
La Tour Elithis est conçue comme une "matrice environnementale" permettant d'évaluer, comprendre et modéliser l'impact positif comme négatif du comportement des usagers. Afin de ne pas tout miser sur le "tout technologique", le choix a été fait de laisser aux usagers (propriétaires, dirigeants, employés, visiteurs etc.) la relève du défi.
Ce sont les utilisateurs qui permettront de gagner les derniers 20 kWep/m2/an nécessaires pour atteindre l'énergie positive. Ce sera l'occasion d'expérimenter des dispositifs de sensibilisation non seulement en matière d'économies d'énergies mais aussi de modes de transports doux, d'économies de papiers, d'eau, de déchets, etc.
Mesurer les économies d'énergie
Expérimentale, la tour est munie de 1 600 points de mesure pour évaluer précisément les économies d'énergie réalisées. Un panneau électronique extérieur, consultable aussi par Internet, en rend compte au jour le jour. Ainsi, un totem informatif sera installé au pied du bâtiment, indiquant de manière permanente l'énergie produite ainsi que l'économie de gaz à effet de serre.
Nous voulons convaincre l'ensemble des acteurs et des usagers qu'une démarche écocitoyenne favorisant la préservation de l'environnement est réaliste, et même une source de rentabilité et de progrès, affirme Thierry Bièvre. Dans un but pédagogique, des visites seront organisées, notamment en direction des scolaires et lors de journées portes ouvertes.
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Sur le cabinet d'architectes ARTE CHARPENTIER







